La
Belle Libertaire
La
Belle libertaire – Marco Valdo M.I. – 2010
Cycle du Cahier ligné – 104
Cycle du Cahier ligné – 104
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Comment enchanter cette pâle aux cheveux de jais ?
Comment séduire cette belle libertaire ?
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La
Belle Libertaire est la cent-quatrième chanson du Cycle du Cahier
ligné, constitué d'éléments tirés du Quaderno a Cancelli de
Carlo Levi.
Quel
titre séduisant, j'ai bien envie de la rencontrer cette « pâle aux
cheveux de jais » ? Qui est-elle ? Allons, Marco Valdo M.I. mon ami,
dis-moi tout cela.
D'abord,
mon cher ami Lucien l'âne aux yeux de braise, je t'annonce que ceci,
cette belle libertaire est la dernière chanson du cycle du Cahier
Ligné. Rappelle-toi, ce cycle, je l'ai commencé il y a une année.
C'est long une année. Et je ne savais quelle serait sa dimension, de
combien de canzones il serait fait, ni lesquelles, ni quand je
terminerais. Et maintenant, voici la fin. Devant moi, comme un grand
vide... Que va devenir notre ami le prisonnier, que va devenir notre
blessé, que va devenir notre songeur ? J'en suis tout bouleversé...
Maintenant, cette « pâle aux cheveux de jais », sortie tout droit
de Verlaine, c'est comme tu le verras, tout simplement la paix, tout
simplement la vie, tout simplement la terre... C'est un hymne à la
terre, à la vie, à la paix et bien évidemment, à la tendresse et
à l'amour. Pour qu'il n'y ait pas d'équivoque, en ces temps où
l'amour est galvaudé par un cuistre qui veut l'affubler d'un parti
politique, où certains délirants veulent prendre en otage la
liberté et la mettre en maison, je te précise que le mot libertaire
doit être compris ici dans son sens propre : libertaire veut dire
tout simplement anarchiste.
Décidément,
elle me plaît de plus en plus, cette canzone. Mais dis-moi, Marco
Valdo M.I. mon ami, la première partie n'est pas dans cette
tonalité-là, me semble-t-il...
En
effet, en effet, Lucien l'âne mon ami, le premier couplet est plus
amer, plus noir, plus dur. En somme, tu as là décrit dans cette
première partie, le monde concentrationnaire dans lequel on vit, ce
monde où le vilain nain – souviens-toi de Fafner – et ses
courtisans : « Ces mouches vertes et frénétiques
Cet
essaim incongru de taons noirs et détestables
Ces
êtres malfaisants et difformes
Empoisonnent
la vie au-delà de toute forme... »,
ce
monde qu'il faut faire disparaître absolument pour en quelque sorte
désintoxiquer la terre;
et
de l'autre, le monde qu'on s'efforce de construire, ce monde tel
qu'on aimerait qu'il soit pour de vrai.
«
la paix … cette pâle aux cheveux de jais … cette belle
libertaire »
Ce
monde pour lequel il vaut vraiment la peine de s'émouvoir, de se
mouvoir et bien évidemment, se battre.
Tu
as raison, Marco Valdo M.I. mon ami, tissons le suaire de ce vieux
monde peu ragoûtant et cacochyme, comme nos ancêtres les Canuts,
tissons le linceul du vieux monde...
Ainsi
Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
Les
Dieux font le monde à leur ressemblance.
Emmenée
par un nain puissant,
Leur
immonde descendance,
Ces
monstres, même pas reconnaissants,
Indignes
de cette divinité théocratique,
Ces
mouches vertes et frénétiques
Cet
essaim incongru de taons noirs et détestables
Ces
êtres malfaisants et difformes
Empoisonnent
la vie au-delà de toute forme.
Leur
existence paraît illogique, insupportable
La
seule vraie question à poser
Chaque
jour, à chaque moment
Aux
amis, aux voisins, aux enfants
C'est
: Comment s'en débarrasser ?
Comment
éliminer cette engeance mortifère ?
Comment
en somme, sauver la terre...
Une
silhouette antique
Dans
un lieu somptueux
Ou
un palais magnifique
Solennel
et merveilleux
À
la prestance divine et fière
D'une
extraordinaire beauté
C'est
une fée, c'est une sorcière.
Dans
les gestes si légers
De
cette belle inconnue
Éclate
une tendresse absolue.
La
seule vraie question à poser maintenant
Aux
amis, aux voisins, aux enfants
Comment
chanter et danser la paix ?
Comment
enchanter cette pâle aux cheveux de jais ?
Comment
séduire cette belle libertaire ?
Comment
en somme, aimer la terre...

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